L'essentiel en 30 secondes
- Obligatoire depuis le 1er janvier 2023 pour les logements neufs et pour ceux qui font des travaux de rénovation énergétique significatifs.
- C'est le propriétaire qui l'établit et le tient à jour.
- Il se transmet à l'acquéreur lors de la vente, au plus tard à la signature chez le notaire.
- Papier ou numérique : la loi n'impose pas de format.
De quoi parle-t-on ?
Le carnet d'information du logement, souvent abrégé en CIL, rassemble dans un même dossier tout ce qui permet de connaître un logement et de suivre sa performance énergétique : plans, diagnostics, factures de travaux, notices des équipements installés. L'idée tient en une image : donner au logement l'équivalent d'un carnet de santé, qui le suit de propriétaire en propriétaire et s'enrichit à chaque étape de sa vie.
Ce n'est pas une idée neuve. Un « carnet numérique du logement » avait été imaginé dès 2015, sans jamais dépasser le stade de l'expérimentation. C'est la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 qui a rendu le dispositif concret, sous son nom actuel, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2023.
Les textes de référence
- Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (Climat et Résilience), article 167
- Articles L.126-35-2 à L.126-35-9 du Code de la construction et de l'habitation
- Décret n° 2022-1674 du 27 décembre 2022, qui précise les documents attendus
Êtes-vous concerné ?
L'obligation s'applique depuis le 1er janvier 2023, dans deux situations bien délimitées.
Vous construisez
Tout logement dont le permis de construire ou la déclaration préalable a été déposé à partir du 1er janvier 2023 doit avoir son carnet, constitué au fil du chantier et complété à la livraison.
Vous rénovez
Un logement existant entre dans le dispositif dès qu'il fait l'objet de travaux ayant une incidence significative sur sa performance énergétique : isolation, changement de chauffage, ventilation.
Dans les deux cas, c'est au propriétaire d'établir le carnet et de le tenir à jour. Si votre logement est ancien et que vous n'avez pas fait de travaux, vous n'êtes pas concerné par l'obligation. Rien ne vous empêche pour autant d'en tenir un : un dossier complet rassure un acquéreur, et vous fera gagner du temps le jour où des travaux déclencheront l'obligation.
Les documents à réunir, précisément
C'est la question qui reste sans réponse dans la plupart des articles sur le sujet. La liste dépend de votre situation.
En construction neuve
- Le diagnostic de performance énergétique (DPE)
- Les plans de surface, niveau par niveau, avec la surface habitable
- Le plan en coupe du bâtiment
- Les schémas des réseaux : eau, électricité, ventilation (et gaz si le logement y est raccordé)
- L'attestation de conformité RE2020 (ou RT2012 selon la date du permis)
- L'attestation de label (si un label est déclaré (Effinergie, HQE...))
- L'audit énergétique (si le DPE classe le logement F ou G)
En rénovation
- Le diagnostic de performance énergétique (DPE)
- L'audit énergétique
- Les factures des travaux d'isolation réalisés
- Les factures des équipements installés (chauffage, eau chaude, ventilation)
- Les notices techniques des matériaux et des équipements
Un point mérite d'être souligné, car il se découvre en général trop tard : réunir les bons documents ne suffit pas, encore faut-il qu'ils soient exploitables. Une facture de pompe à chaleur qui ne mentionne ni le modèle ni le rendement ne dit rien de la performance du logement. Dans la pratique, une facture ne joue vraiment son rôle que si elle permet d'identifier l'entreprise (son numéro SIRET), l'équipement ou le matériau posé (marque, modèle ou référence) et ses caractéristiques : résistance thermique, épaisseur et zone traitée pour une isolation, puissance, énergie et rendement pour un chauffage. Au moment de payer un artisan, vérifier que ces mentions figurent sur la facture prend deux minutes. Des années plus tard, les retrouver peut devenir impossible.
C'est exactement ce que fait notre application quand vous déposez un document : elle lit la facture, en extrait ces informations une à une et vous signale ce qui manque.
Comment le constituer, pas à pas
Identifiez votre situation
Construction neuve ou rénovation : la liste des documents n'est pas la même, autant partir de la bonne.
Rassemblez les documents
DPE, plans, factures, notices : sollicitez le constructeur, les artisans ou votre diagnostiqueur pour ce qui vous manque. Plus les travaux sont récents, plus c'est facile.
Vérifiez leur contenu
Adresse du logement, SIRET des entreprises, caractéristiques techniques : un document illisible ou incomplet vaut à peine mieux qu'un document absent.
Classez et tenez à jour
Chaque nouveau chantier alimente le carnet. Le jour de la vente, tout est déjà prêt : il ne reste qu'à transmettre.
La vente : le moment où le carnet sert
Le carnet a été pensé pour un moment précis : la mutation du logement. Lors d'une vente, le propriétaire le remet à l'acquéreur au plus tard à la signature de l'acte authentique, et l'acquéreur atteste de cette remise dans l'acte. Le notaire y veille.
Que risque-t-on à vendre sans carnet ? La loi ne prévoit pas d'amende dédiée, et il serait exagéré d'affirmer qu'une vente ne peut pas se faire sans. Mais l'attestation de remise figure dans l'acte : un carnet absent ou incomplet se remarque donc précisément au moment où tout doit aller vite. Questions du notaire, justificatifs à retrouver en urgence, acquéreur qui s'interroge sur la réalité des travaux annoncés : le dossier incomplet devient un sujet de discussion, parfois un argument de négociation. À l'inverse, un carnet complet documente la valeur du bien, travaux à l'appui.
Et le locataire ?
C'est une nuance que beaucoup d'articles passent sous silence : la loi ne prévoit la transmission du carnet qu'à l'acquéreur, lors d'une vente. L'extension au locataire avait été envisagée pendant les débats parlementaires ; elle n'a pas été retenue dans le texte final. Un bailleur n'a donc aucune obligation de remettre le carnet à son locataire. Il reste libre d'en partager des éléments utiles, les notices des équipements par exemple, mais c'est un choix, pas un devoir.
Combien ça coûte ?
Rien, si vous le tenez vous-même : un classeur et de la rigueur suffisent, la loi n'exige pas davantage. Le vrai coût est ailleurs, dans le temps passé à rassembler, vérifier et retrouver les documents, surtout quand les travaux s'étalent sur des années.
Des services numériques existent pour prendre ce travail en charge, gratuits ou payants selon l'étendue de ce qu'ils font. Pour situer les ordres de grandeur : notre application est gratuite pour un logement, et l'offre Patrimoine, à 7€/mois sans engagement, couvre jusqu'à dix logements avec la lecture automatique des documents et la génération du carnet.
Questions fréquentes
Le carnet d'information du logement est-il obligatoire pour tous les logements ?
Non. Il concerne les logements dont le permis de construire ou la déclaration préalable a été déposé depuis le 1er janvier 2023, et les logements existants qui font l'objet de travaux de rénovation ayant une incidence significative sur leur performance énergétique. Pour les autres, rien n'interdit d'en tenir un : c'est même un atout le jour de la vente.
Qui doit établir le carnet ?
Le propriétaire du logement. C'est lui qui le constitue, le met à jour au fil des travaux et le transmet à l'acquéreur en cas de vente.
Le carnet doit-il être numérique ?
Non, la loi n'impose pas de format : un classeur papier est recevable. Le numérique facilite simplement la mise à jour, la recherche d'une information et la transmission au moment de la vente.
Que se passe-t-il si je vends sans carnet ?
La loi ne prévoit pas d'amende dédiée, mais l'acquéreur atteste de la remise du carnet dans l'acte de vente. Un carnet absent ou incomplet se remarque donc au moment le moins opportun, chez le notaire. C'est une source de questions, de retards, parfois de négociation sur le prix.
Dois-je remettre le carnet à mon locataire ?
Non. La loi réserve la transmission à l'acquéreur lors d'une vente. L'extension au locataire avait été discutée au Parlement, elle n'a pas été retenue dans le texte final.
Quelle différence entre le CIL et le carnet numérique du logement ?
Le carnet numérique du logement était le dispositif envisagé par la loi de transition énergétique de 2015, resté au stade de l'expérimentation. Le carnet d'information du logement l'a remplacé avec la loi Climat et Résilience de 2021, et s'applique depuis le 1er janvier 2023.
Le DPE fait-il partie du carnet ?
Oui. Le diagnostic de performance énergétique fait partie des documents du carnet, en construction neuve comme en rénovation. L'audit énergétique s'y ajoute dans certains cas, notamment pour les logements classés F ou G.
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Ce guide est édité par carnet-logement.app, une application qui construit le carnet d'information du logement à partir de vos documents : vous les déposez, l'intelligence artificielle en extrait les informations attendues et vous indique ce qui manque. Dernière mise à jour le 31 juillet 2026.